Mal du pays

Parce que s’éloigner de ses origines, de ses amis et de sa famille n’est jamais facile, cette rubrique permettra de témoigner de comment se vit une expatriation en Argentine. Choc culturel, ressentis, mal du pays, vous apprendrez tout ce que je pourrai restituer sur le fait d’être expatrié à 10000 km de chez soi.

Voilà 6 mois que je suis parti, et en une semaine j’ai pu redécouvrir mon pays, ma région. A priori peu de choses avaient changé : l’OM perd toujours, Sarkozy poursuit sa campagne de prévention routière par la répression policière, le pastis est toujours jaune, …

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Nous avons posé hier soir à 17h58 notre pied sur le sol français, après près de 20h de voyage entre Bogotá, Madrid, Barcelone et enfin Marseille. Les Colombiens à bord en partance de Bogotá ont ri jaune lorsque le commandant de bord a annoncé à Madrid que la température au sol était de -3°C ; Ce n’était guère mieux sur le tarmac marseillais, où nous avons été immédiatement saisi par le froid, en dépit de mon cuir argentin. Ce fut notre toute première impression.

Assez étrangement aucun contrôle des papiers ou même des bagages n’a été réalisé, contrairement à Bogotá et à Madrid, où les fouilles se sont trouvées multipliées. Nous avons compris à notre arrivée dans le hall de l’aéroport que les pauvres douaniers travaillant un 31 au soir avait d’autres chats à fouetter qu’une quinzaine de personne arrivant de Barcelone : un vol en provenance du Maghreb avait atterri un peu avant notre propre avion, chacun de ses passagers étant scrupuleusement contrôlé avant d’être accueillis à grand renfort de chants arabes par les innombrables familles dans le hall. Une surprenante atmosphère de souk nous attendait, loin de ce que nous imaginions trouver à notre arrivée, nous rappelant les problématiques de l’Europe face à l’immigration, phénomène auquel l’Amérique Latine n’est que peu sujette. Ce fut notre seconde impression.

La troisième impression fut quand un policier s’adressa à moi pour me dire de continuer mon chemin. Il venait de me parler en français, et je lui ai pourtant répondu « gracias ». Je crois que ça y est, je pense en espagnol désormais.

La dernière forte impression a été de voir la voiture – une Mégane ou une Laguna – s’arrêter devant le passage piéton sur lequel nous nous apprêtions à poser le pied à notre sortie de l’aéroport. Le conducteur nous fit signe de traverser ; cela faisait six mois que je n’avais pas assisté à un tel phénomène. Je fus très surpris de ce comportement, après 6 mois passés à traverser les rues à mes risques et périls. Et même si je ne pouvais m’empêcher de jurer et de pester contre les conducteurs porteniens, ma surprise me pousse à croire que j’en avais pris l’habitude…

Par la suite tout est redevenu comme « normal » : un rendez-vous sur le parking d’un Super U, pour un réveillon entre vieux amis, au Pastis, au Champagne, avec du saumon, du foie gras, des Curly, de la Kronembourg et des galettes à la frangipane… Il y avait même de l’Orangina ! La TV parlait français, les convives également, il n’y avait pas de Fernet Branca, ni de Gancia, ni même une petite Quilmes qui traînait…

C’est ainsi que notre vie semble être redevenue soudainement à la normale après six mois à passer de découvertes en découvertes. Comme si rien ne s’était passé, comme si tout n’avait été qu’un long rêve. Cependant, la preuve que ceci n’a pas été un rêve m’a été donnée ce matin à mon réveil : une création graphique dans ma boîte mail, envoyée avec 4h de décalage horaire, qui témoigne du savoir-faire créatif des argentins… Merci Juani de me ramener aux bons souvenirs de cette formidable expérience.

Feliz 2008

Bonne année à tous. En ce 1er janvier 2008, notre vie prend un tout nouveau tournant. A suivre…

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Nostalgie, mal du pays ? J’ai en effet perdu un peu d’entrain ces derniers jours, et je me sens irritable. Il faut dire que Buenos Aires c’est bien, mais il pleut un peu trop ces derniers temps. Et puis les porteniens sont vraiment insupportables, que ce soit sur la chaussée, où ils n’ont aucune considération de la notion de « piéton », au magasin, où rapidité d’exécution et sourires sont formellement prohibés par la direction, ou encore dans le bus, où mettre le ticket dans sa poche avant de rencontrer une poubelle est un véritable blâme. Bref, si j’avais voulu voir de la pluie et des gens irrespectueux, je serai allé à Paris.

Bon bon bon. Pas de panique, ça s’appelle le choc culturel. Et je suis passé en phase n°3.

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Aujourd’hui est un jour qui restera dans les annales, puisque ma responsable de stage a eu l’excellente initiative de me ramener une précieuse bouteille de Ricard, tout droit venue de la patrie de la Bonne-Mère. OK, 50cl en 6 mois ça fera rire ceux qui me lisent depuis la cité phocéenne. Mais si vous étiez à ma place, vous apprendriez à respecter un tel présent…

Inutile d’en dire plus, je vous laisse admirer l’objet de tous les désirs, dans un décor quelque peu théâtralisé. Et pour compléter le tableau, le mieux est d’en profiter en musique ! « Ça fait partie des coutumes et des traditions », les Marseillais comprendront.

[audio:http://www.stage-argentine.fr/wordpress/wp-content/uploads/audio/Ricoune_-_Un_Petit_Ricard_Dans_Un_Verre_A_Ballon.mp3]

Ricard, Pastis de Marseille

PS : Un petit salud spécialement pour toi, Fab ! 😉

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Il faut vous le dire, les Argentins sont victimes d’un complot. Non, pas celui du Gouvernement qui étoufferait les phénomènes inexpliqués attribués à la présence d’extra-terrestres sur le territoire. Bon, oui, bien sûr, un peu quand même. Car les phénomènes étranges recensés en Argentine et même par-delà ses frontières sont nombreux : apparition de lumières « volantes » (la luz mala) les nuits dans les coins les plus désertiques, cas de vaches mutilées dans les campos du pays selon des modes bien particuliers, disparitions de personnes, photographies étranges de Xuxus, et bien d’autres dossiers classés X troublent l’apparente tranquillité de la pampa…

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Suite à son retour de France, l’auteur du blog Che! Boludo… a eu la présence d’esprit de ramener à l’insu des douanes quelques fromages bien de chez nous, ou, comme les incultes disent ici, des fromages « qui puent ». Mais en tant que bon patriote, Guillaume (c’est son prénom), a eu l’extrême délicatesse d’inviter les quelques membres de la communauté des blogueurs français de Buenos Aires à venir partager cordialement un bout de Saint-Marcellin, de Coulommiers, de Camembert, de Palet ou encore de Chavignol.

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La gastronomie des différents pays a toujours été identifiée par une seule spécialité : en Italie, ce sont les pâtes. En Angleterre, les confiseries. En France, les cuisses de grenouille. En Espagne, la paella. En Belgique, les moules/frites. Et pour l’Argentine, c’est la viande.

Et tous les sites vous le diront, « on mange bien en Argentine » :

les bœufs élevés dans la pampa, qui n’ont rien à envier à nos Charolais, donnent l’une des meilleures viandes du monde, et la forte immigration italienne a produit une culture culinaire fine et sophistiquée.

AHAHAHAH. Ce serait effectivement le cas, si l’on appelait les pizzas et les gnocchis à la mayonnaise-tomate de la cuisine sophistiquée. Parce que les vrais Italiens, eux, ont du parmesan, ainsi que des sauces napolitaines, bolognaises, carbonara, puttanesca, arrabiata, etc. pour accompagner leurs pâtes. Tandis que nos Charolais, eux, font également du lait qui permet de produire du fromage, de la crème fraîche, du beurre demi-sel, du fromage blanc, et j’en passe et des meilleures.

Mais trêve de sarcasmes, venons en aux faits. Il suffit de faire quelques recherches sur Internet pour comprendre que les Argentins ne cuisinent pas de plats élaborés. Quand vous tapez « recettes argentine » dans Google, vous vous apercevez que très vite l’on retombe sur les trois (seuls) plats Argentins typiques :

  • Les empanadas, sorte de petits pains fourrés à la viande ou au jambon ;
  • Le locro criollo, plat de mise le jour de la fête nationale du 24 mai, souvent associé à notre cassoulet, mais à tort ;
  • Et évidemment les célèbres et non moins délicieuses parrillas, grillades de divers morceaux de viande épais et tendres comme le bife de lomo ou encore le bife de chorizo.

Bife de ChorizoEvidemment quand on arrive les premiers jours, se payer une bonne tranche de viande à tous les repas pour pas cher, accompagnée de papas fritas chaudes et d’une bonne choppe de Stella Artois, ça fait plaisir. Mais voilà il arrive un temps où l’on se dit que l’on va peut-être devoir varier les repas, sous peine de quelques problèmes de transit.

Premier réflexe, donc, on se dit que l’on va faire à manger comme à la maison, selon les habitudes, où plutôt, selon ce que l’on sait faire. Seulement, il ne faut pas espérer trouver nos ingrédients méditerranéens dans les supermarchés de Buenos Aires. Huile d’olive, herbes de Provence, emmental râpé ? Que nenni ! Pour tout vous dire, il n’y a même pas de sel marin, ni de poivre noir ici. On trouve des pâtes, mais pas grand chose pour les assaisonner. Du riz, mais le poulet et le poisson sont hors de prix en comparaison avec le bœuf. Quelques produits laitiers, mais tous à 0% sans exception. Des tranches de jambon, mais semblables à celles servies dans l’avion… Vous l’aurez compris, il est vrai que la viande de bœuf est vraiment très bonne ici, mais il est difficile de trouver les ingrédients qui pourraient nous permettre de la cuisiner « à la française », pour changer un peu des parrillas. Quant au poulet, habituellement la viande de l’étudiant fauché, il s’agit presque d’un met de luxe, au même titre que le fromage… Pour exemple, un sachet de 50g de pseudo-parmesan vous reviendra 6 pesos, 150g de roquefort président plutôt dans les 35 pesos, alors que 500g de viande de boeuf coûtent 5 pesos seulement… Et un Mc Do, aux alentours de 15 pesos !

Graisse comestibleAlors on se dit que l’on va s’adapter. Qu’il est tout-à-fait normal, en tant qu’étranger, de faire quelques concessions. Que l’on va cuisiner les plats locaux avec les ingrédients locaux. C’est-à-dire des empanadas, et des parrillas tous les jours. Voire de la graisse comestible (cf. photo ci-contre) ? J’ai rien contre un bon barbec’, au contraire, mais là, j’en viendrai presque à vouloir des légumes. Mais encore une fois, peu de choix dans les rayons. On trouvera bien sûr quelques carottes, laitues et aubergines en supermarché, mais ce n’est pas courant de manger de la verdure ici, mis à part peut-être en salade… Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour, qu’il disait. Ah, pauvres Français…

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