Si le cas de la Chine a été lourdement déploré – puis subitement oublié – du fait des JO de Beijing, il faut savoir que l’Argentine aussi cherche à sauver les apparences sur le Web : depuis 2006, les moteurs de recherche Yahoo! Argentina et Google Argentina sont régulièrement contraints par des décisions juridiques de filtrer les recherches portant sur des personnalités argentines, qu’il s’agisse de juges, d’hommes politiques, d’acteurs, de modèles, ou encore, depuis septembre 2008, de la superstar Diego Maradona.

« Les moteurs de recherche effectuent en fait ce type de filtre, sur demande de la justice locale, dans de nombreux pays, dont la France (notamment pour mettre en liste noire des sites néo-nazis ou pédophiles). On peut même dire que c’est quasiment leur pain quotidien dans de nombreuses régions du globe… » peut-on lire sur le site Abondance.

Et l’Argentine fait partie de ces régions du globe où le filtrage des recherches n’est plus une question d’éthique, mais une question de contrôle abusif de l’information : si Google Argentina se contente de filtrer les sites jugés diffamatoires par l’avocat de personnalités impliquées, Martin Leguizamon Peña, Yahoo! Argentina a carrément implémenté, vue l’ampleur du travail de blocage manuel des sites concernés, un blocage total de tous les sites comportant le nom de l’ancien drogué footballeur.

Yahoo et Maradona

Ce sont ainsi plus de 100 personnalités argentines qui bénéficient de ce privilège, pour lesquelles une recherche sur leur patronyme ne fournira aucun résultat, à l’exception des liens sponsorisés. Et ce, aux dépends des personnes possédant le même nom qui se voient du même coup bannies des moteurs de recherche, les privant donc de leur droit d’expression.

Drôle et triste de manière de procéder, quand on affiche comme ambition politique de vaincre la pauvreté par la réduction de la fracture numérique. Mais lorsqu’on remonte les affaires juridiques menées par Peña et que l’on s’aperçoit que l’une des figures centrales de cette affaire n’est pas un personnage médiatique, mais un juge, María Servini de Cubría, il est facile de se remémorer cet état d’esprit si caractéristique, parfumé de corruption et de vérités secrètes dont l’Argentine recèle, et d’en déduire la manière dont l’histoire s’est déroulée…

Plus de détails sur Opennet.net (en anglais)

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Une réponse à “L’Argentine censure le Web et protège Diego”
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