Je les ai connu à l’occasion d’une interview téléphonique lors d’une étude sur les modèles économiques du libre, dans le cadre de mon Mastère Spécialisé. Je les ai retrouvé plus d’une année plus tard, lors du dernier Salon du Libre, à Marseille. Société marseillaise éditrice d’une solution Open Source d’e-commerce, Pliciweb propose aujourd’hui une réelle alternative à OSCommerce, actuel leader du marché. Je les ai donc rencontrés dans un cadre professionnel, afin de discuter plus en détail du potentiel de leur solution Plici. Retour sur une entrevue fort intéressante et très plaisante.

Répondant anciennement à la dénomination Simpliciweb, c’est sur Google que m’est apparue pour la première fois cette jeune entreprise prônant le logiciel libre. Par définition ouverte et dynamique, elle avait éprouvé plaisir et curiosité envers ma démarche qui consistait à les questionner sur leur mode de captation de la valeur, et leurs réponses avaient démontré leur foi dans cette philosophie, malgré des retombées économiques encore instables.

Mais je dois reconnaître que j’ai été frappé par l’évolution qu’a pu connaître l’entreprise, devenue depuis peu Pliciweb, et arborant pour l’occasion une charte marketing bien plus travaillée, reflétant sérieux et professionnalisme. Car si la philosophie Open Source permet d’innover et de créer de la valeur plus rapidement, c’est bien les usages professionnels qui permettront de capter une partie de cette valeur. Et la palette de services de Pliciweb autour de la solution Plici est désormais bien rodée : formations utilisateurs, conseil stratégique, développements spécifiques, partenariats avec les potentiels intégrateurs, etc.

Il faut dire que sur un plan marketing, la place était effectivement à prendre, avec une référence concurrente unique dans le domaine, qui en arrive aujourd’hui à sa phase de déclin : première véritable solution d’e-commerce Open Source, OSCommerce a été conçu et développé il y a quelques années sur la base de technologies et de philosophies encore trop peu tournées vers l’évolutivité. D’autre part, la communauté OSCommerce semble aujourd’hui s’essouffler, aucune évolution de la solution n’ayant été proposée depuis plus d’un an.

Plici se démarque donc d’OSCommerce par un panel de réponses techniques et par une structure modulaire offrant une plus grande souplesse, permettant ainsi d’étoffer son argumentaire commercial comme il m’a été possible de le voir à l’occasion d’une conférence sur le logiciel libre appliqué au e-commerce durant le salon du libre. Architecture en couches MVC, intégration en CSS, programmation orientée objet, etc.

Mais Pliciweb a porté plus loin sa stratégie en essayant d’adopter un positionnement d’éditeur ET d’intégrateur, en s’impliquant d’avantage dans l’amélioration du produit, à travers les besoins exprimés par les partenaires et/ou clients, et en brisant ainsi complètement les schémas propriétaires dont s’inspiraient encore les premières solutions Open Source, qui fixaient les fonctionnalités à développer/embarquer, et laissait la communauté développer ce qui n’avait pas été imaginé. Ces choix, explicités dans une interview à laquelle se sont livrés les créateurs de Plici, leur permettent de répondre de manière très professionnelle à n’importe quel besoin, aussi spécifique soit-il.

En conservant cette proximité, Pliciweb parvient donc à garder une maîtrise complète de sa solution, ainsi que de sa qualité. L’entreprise se porte également garante du fonctionnement de la solution dans n’importe quel contexte spécifique, par une prestation d’accompagnement et d’intégration mûrement réfléchie. Un modèle économique qui, résolument tourné vers les professionnels avec la création de PliciWeb Solutions, a bien pris forme depuis ma première interview, et qui démontre une nouvelle fois le phénomène de croissance des solutions libres. Reste à déterminer si ce service de proximité pourra toujours être proposé lorsque l’application connaîtra son heure de gloire…

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5 réponses à “Pliciweb, de l’Open Source professionnel”
  1. dG dit :

    A ce cher mémoire pour une société de mer… dirigée par un c…. que l’on ne nommera pas.

    Tu avais fait du bon boulot marc et je vois que ce sujet te passionne au plus haut point…

  2. El Gringo dit :

    Je n’avais pas fait le boulot tout seul, NOUS avions fait du bon boulot 😉 Et effectivement, je crois qu’il s’agit d’une philosophie à laquelle j’adhère, mêlant partage, échange et efficacité, et qui porte à notre ère ses premiers fruits économiques, brisant ainsi les rapports de force inégaux (souviens toi, Porter 😈 ) instaurés par les éditeurs propriétaires… Malheureusement, je n’ai plus la compétence technique nécessaire pour participer activement dans les diverses communautés existantes, aussi j’essaie de m’y intéresser du point de vu management/commercial… Comme nous l’a appris le MS ! :mrgreen:

  3. neby55 dit :

    A première vue, ça ne vaut pas magento.

  4. Bonjour,

    Effectivement Plici ne vaut pas Magento, je dirais que les $ investi en communication ne sont pas les mêmes 🙂 Et je vois que ça marche.
    Comment as-tu testé les différences de fonctionnalités, d’architecture ?

    Nous sommes une très bonne alternative à Magento à mon goût, nous ne faisons pas de OffShore au travers de Smile, nous n’investissons pas des millions pour être connu comme la seule et unique solution sur le marché.
    Nous défendons réellement les valeurs du libre et de l’échange, ce qui est tout à fait différent.

    Plus philosophiquement et sur du long terme, Magento qui a un buzz assez impressionnant va finir par devenir la seule solution sur le marché grâce a son Buzz.
    J’ai du mal à comprendre quelle place on aura laissé au libre si cela arrive.
    Je pense qu’il faut prendre les solutions avec leurs avantages et leurs inconvénients afin d’utiliser l’une ou l’autre selon les besoins.

    Il ne faut pas oublier que Magento dispose aujourd’hui d’un gros point noir : les performances.
    Mais, disons que, comme cette solution vient des Etats-Unis, elle est splendide (normal ils récupèrent tous nos ingénieurs à force de réfléchir ainsi 🙂 ).

    A bientôt des Etats-unis 🙂

  5. El Gringo dit :

    Apparemment investir des dollars ce n’est pas le tout, puisque je n’avais jamais au grand jamais entendu parler de Magento…

  6.