J’ai assisté hier et avant-hier à la seconde édition du salon professionnel des logiciels libres et Open Source, organisée par Libertis (regroupement des Sociétés de Services en Logiciels Libres), et qui s’est tenue à Marseille au parc Chanot, Hall 3. Pour cette année, Libertis s’est associé à Medinsoft (regroupement des éditeurs de logiciels de la région PACA) et au pôle SCS (pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées), et la manifestation a regroupé de nombreux acteurs du logiciel libre et propriétaire sous l’intitulé Synergie-NTIC.

Un programme chargé en conférences variées, abordant des sujets généralistes ou plus techniques, parfois intéressants, parfois moins, parfois même très pertinents, démontrant qu’en ce contexte de course à la croissance numérique, le logiciel libre représente aujourd’hui une réelle et efficace alternative face au logiciel propriétaire.

Sur le plan économique d’abord, la croissance se confirme : le chiffre d’affaires du logiciel libre en 2007 en France s’est élevé à 730 millions d’euros, contre 700 prévues par l’étude PAC Open Source France 2005 ; rapportés aux 30 milliards du marché du logiciel, cela représente 2,4% de part de marché (contre 1,2% en 2006). D’autre part, du côté des administrations, on peut citer les gouvernements brésilien, sud-africain, d’Andalousie et d’Estrémadura en Espagne, qui ont officiellement affiché leur orientation vers le logiciel libre. En France, on peut noter, après la gendarmerie nationale, le passage de l’ensemble de l’administration centrale à OpenOffice.org en lieu et place de la suite MS Office. Ce serait la plus grande migration de ce type, selon le Figaro en 2006.

D’un point de vue juridique, l’Open Source gagne en crédibilité : la définition juridique, adaptation de la définition de référence établie par Richard Stalman, stipule qu’un logiciel libre est un « Logiciel dont l’auteur met le code exécutable et le code source à la disposition de tous, chacun pouvant l’utiliser, le modifier et en disposer à sa guise dans le cadre d’un contrat de licence passé entre l’auteur et l’utilisateur qui organise leurs droits et devoirs respectifs ». A ce titre, le logiciel libre est considéré comme une œuvre de l’esprit originale et donc protégée par le droit d’auteur (article L111-1 du Code de la Propriété Intellectuelle) grâce à la notion de licence, qui va permettre une certaine liberté de disposition des codes… surveillée. Car, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas parce que l’auteur originel d’un logiciel libre permet le libre usage, la reproduction, la modification, et la distribution de son logiciel modifié ou non, qu’il renonce à ses droits patrimoniaux et moraux. C’est ainsi que nous assistons à la naissance récente de licences diverses, à des fins d’adaptation à la législation européenne. On distingue notamment l’EUPL, traduite en 27 langues, et la CeCILL, alternatives européenne et française de la célèbre GNU GPL.

Enfin, comme le souligne Wikipedia, « le logiciel libre n’est plus seulement une solution juridique protégeant le droit d’auteur choisissant de travailler de façon ouverte et collaborative, cela devient un véritable phénomène de société. Il passionne de jeunes gens qui se découvrent des vocations de promoteurs de cette nouvelle philosophie, avec un élan qui touche parfois au romantisme. Le logiciel propriétaire (peut-être comprendrez-vous commercial et industriel), dont le « libre » est une alternative affichée devient aux yeux de certains un ennemi objectif. La simple concurrence du marché ne peut suffire à expliquer leur engouement. Ils parlent de choix de société et trouvent parfois un écho favorable chez certains responsables politiques nationaux, qui ajoutent le thème dans leurs programmes. »

C’est bel et bien le cas de la France, avec le rapport Attali, dans lequel la Commission pour la Libération de la Croissance Française stipule que pour ne pas rater le train du numérique et renforcer le secteur du logiciel, il est préconisé de soutenir le Logiciel Libre comme concurrent des technologies propriétaires extra-européennes, idée reprise dans le rapport d’Éric Besson, secrétaire d’État en charge de l’Économie numérique, intitulé « France Numérique 2012 ».

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3 réponses à “Salon du Libre à Marseille : révélation d’une croissance certaine”
  1. DiNozzo dit :

    Merci pour cette lecture. Et ça me donne des idées. Je vais me réabonner au flux 😉

  2. Chourmoi dit :

    j’ai lu l’article en diagonale. il me semble avoir vu passé des posts qui critiquent l’absence du libre dans le projet 2012. mais je n’ai pas suivi l’affaire de façon approfondie

  3. […] mon Mastère Spécialisé. Je les ai retrouvé plus d’une année plus tard, lors du dernier Salon du Libre, à Marseille. Société marseillaise éditrice d’une solution Open Source […]

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